Par João Bernardo

Texto em português.

Il est impossible de comprendre le mythe de la paysannerie si l’on ne se rend pas compte qu’il fonctionne sur un plan strictement idéologique, et sert d’ornement à la croissance de la grande production industrielle. Ce sont des régimes qui promeuvent l’industrialisation, voire des régimes franchement technocratiques, qui proposent une prétendue harmonie rurale présentée comme modèle de comportement général. Garantir l’ordre et l’obéissance aux différentes hiérarchies dans une société qui connaît des mutations permanentes, réaliser le miracle d’incorporer la stabilité des modes de vie et des modes de pensée sans compromettre l’instabilité nécessaire de l’économie et les rythmes de production accélérés – telles sont les ambitions de ceux qui promeuvent le mythe de la paysannerie et de ses racines. Les principales sociétés transnationales financent aujourd’hui des ONG pour sensibiliser l’opinion publique à propos des risques de la pollution et promouvoir d’autres bonnes causes. Cette convergence n’a rien de contradictoire : les groupes économiques qui polluent ou détruisent l’environnement font  coup double puisqu’ils vendent ensuite leurs services pour nettoyer les zones polluées et reconstituer l’environnement.

De la même manière, dans tous les régimes fascistes sans exception, on a toujours trouvé deux courants, l’un industrialisateur et moderniste, qui louait le monde urbain et industriel, et l’autre traditionaliste et écologiste, qui glorifiait le monde rustique.

La mythification de l’agriculture familiale est apparue en même temps que la production industrielle en série. Tout le monde associe immédiatement Henry Ford à l’industrie de masse, mais cet individu était aussi un défenseur infatigable de la société agraire et de l’agriculture familiale. «Je suis un fermier1, affirma-t-il en 1918, dans une des nombreuses déclarations du même style qu’il adressa à l’univers. Je veux voir chaque acre de la surface terrestre couverte par de petites exploitations, où habiteront des individus heureux et satisfaits

Ces rêves éveillés ruralistes n’étaient pas politiquement innocents, puisqu’ils furent développés quelques années plus tard dans Le Juif International, livre signé par Ford et qui a considérablement contribué à répandre l’antisémitisme, en exerçant une influence directe sur le racisme allemand en particulier sur Hitler. Dans la première édition de Mein Kampf 2, Hitler qualifie Henry Ford de «grand homme» et, pendant plusieurs années, son bureau fut orné d’une photo de l’industriel américain. Quelques années plus tard, le Troisième Reich rendit hommage à Henry Ford en le décorant3.

«La théorie la plus désastreuse, écrit le grand industriel ou l’une de ses plumes, est celle qui établit un contact intime et une harmonie entre les idées modernes et les catastrophes qui en résultent, en prétendant que “Ce sont tous des signes du progrès”. Or, si c’était vraiment le cas, le progrès nous mènerait à l’abîme. Personne ne peut considérer comme un progrès réel le fait que nous employions aujourd’hui des moteurs électriques, alors que nos ancêtres utilisaient des moulins à vent ou des moulins hydrauliques. Un véritable progrès serait de répondre à cette question: quelle influence ces roues exercent-elles sur nous ? La société de l’époque des moulins à vent fut-elle meilleure ou pire que la société actuelle ? Fut-elle plus uniforme dans ses coutumes et sa morale ? Respectait-elle davantage la loi et formait-elle des caractères plus élevés ?»

Ces lignes, signées par l’un des hommes d’affaires qui a le plus contribué à rendre obsolètes les vieux moulins à vent et à propager de nouveaux moteurs ne nous surprennent que si nous ne lisons pas la suite du livre, où Ford défend ce qu’il considère comme des valeurs authentiquement américaines contre le cosmopolitisme et le déracinement imputés aux Juifs.

Pour le magnat de l’automobile, ce n’était pas les moteurs qu’il faisait fabriquer dans ses usines, mais les agents de la «finance juive internationale» qui mettaient en cause les harmonies agraires, et ainsi le ruralisme de Ford faisait partie de son antisémitisme. Il considérait que les tracteurs sortis de ses chaînes de montage contribueraient à revitaliser les familles rurales.

Suivant le même objectif, il préconisait la création de petits pôles industriels dispersés dans les champs et alimentés par l’énergie hydraulique. «Les usines et les fermes doivent être organisées non pas comme des entreprises concurrentes, mais qui collaborent», postulait Ford. Mettant ses idées en pratique, il fit construire quelques petits établissements industriels, intégrés dans le complexe de l’industrie automobile et dont la main-d’œuvre était dispensée de travail industriel quand elle avait besoin de répondre aux exigences de l’agriculture. Ce fanatique de la production industrielle de masse conserva toujours son enthousiasme pour des excursions champêtres ou le goût pour les danses villageoises. Il semblait trouver dans le calme campagnard les mêmes leçons d’humilité, de modestie et de respect que professait le chef du fascisme portugais.

«Par sa plus grande stabilité, son enracinement naturel dans le sol et sa relation plus étroite avec la production des aliments, l’agriculture constitue la garantie par excellence de la vie elle-même, et, grâce à ce qu’elle imprime dans nos âmes, une source inépuisable de forces de résistance sociale4», déclara Salazar en mai 1953.

Ces paroles à l’eau de rose furent prononcées au sujet du premier Plan de développement. Comme le président du Conseil craignait que le développement économique entraîne l’effondrement de son pays aux mœurs si policées, il expliqua que «ceux qui ne se laissent pas obséder par le mirage de l’enrichissement sans limites, mais aspirent, avant tout, à une vie qui, bien que modeste, soit suffisante, saine, attachée à la terre, ne pourront jamais suivre les chemins qui amèneraient l’agriculture à faire place à l’industrie». Analysant la situation financière et idéologique, Salazar conclut: «Nous payons ainsi une taxe pour la sécurité, un prix politique et économique, mais je sais aussi que la sécurité et la modestie ont également leurs compensations

Il est intéressant de démêler les origines historiques de la thèse de la souveraineté alimentaire, en particulier lorsque leurs promoteurs actuels, dans le Mouvement des travailleurs sans-terre (MST) et dans d’autres mouvements de lutte, la présentent comme partie intégrante d’un programme de gauche voire même anticapitaliste.

Curieusement, cette thèse est défendue à une époque où la productivité très élevée atteinte par les principaux producteurs de l’agriculture et de l’élevage et le volume important des exportations qui en résultent garantissent, pour la première fois dans l’histoire, un approvisionnement alimentaire suffisant à tout le monde. Si un pays consomme exclusivement, ou de préférence, les aliments produits sur son sol et s’il s’isole des réseaux commerciaux mondiaux, sa situation alimentaire deviendra précaire, parce qu’il ne pourra pas résister aux fluctuations de ses propres cultures. Les famines, périodiquement signalées par les journaux et les chaînes de télévision, servent aux ONG à engranger des dons ; ces catastrophes se produisent systématiquement dans des pays, ou des régions qui, pour une raison quelconque, sont isolés des réseaux mondiaux du commerce. Ce ne sont pas les périodes de sécheresse mais l’incapacité à se connecter au marché qui provoque les famines. Cependant, le fait que les résultats pratiques de cette thèse de la souveraineté alimentaire soient évidents, du moins pour ceux qui consentent à ouvrir les yeux, ne dérange nullement ses apôtres, au point que leur conception du socialisme se confond avec une économie de pénurie.

Le problème est encore plus grave parce que les oscillations des cultures agricoles seront d’autant plus fortes que l’agriculture sera moins industrialisée et que l’agro-écologie prédominera. La souveraineté alimentaire et l’agro-écologie appartiennent toutes deux à la même nébuleuse idéologique.

Il suffit de regarder les premières pages de n’importe quel atlas historique, où est représentée l’évolution des courbes démographiques, pour comprendre, en un seul coup d’œil, que le mode de production capitaliste a permis une croissance démographique sans précédent, mais aussi un allongement considérable de l’espérance moyenne de vie. La faim chronique et les épidémies, deux facteurs qui, dans les modes de production précapitalistes, provoquaient la stagnation démographique, ont été en grande partie résolus par le capitalisme, qui possède la capacité technique de mettre en œuvre une transformation complète. En effet, ce fut précisément ce contexte matériel qui suscita l’apparition du socialisme moderne.

Le socialisme est né de la prise de conscience que la production industrielle de masse et l’application des principes de l’industrie dans l’agriculture offrent les moyens de satisfaire tous les besoins matériels et rendent possible le développement d’une civilisation où la lutte pour la survie sera dépassée. C’est dans cette perspective et dans cette dimension historique que nous devons comprendre l’importance de l’agriculture industrialisée et ses conséquences en termes de concentration du capital, l’agro-business. Mais les bonnes âmes écologistes négligent superbement la réalité ; au nom du mythe de la nature, ils préfèrent condamner la population à la pénurie et à l’imminence de catastrophes alimentaires.

Vous le vérifierez en effectuant un simple calcul : si vous attribuez aux travailleurs agricoles des principaux pays producteurs d’aliments le faible niveau de productivité qui caractérise les agriculteurs dans les pays et régions où domine l’agriculture familiale traditionnelle, vous constaterez alors que l’on arriverait à une réduction catastrophique de la production agricole et de l’élevage. L’agro-écologie ne peut conduire qu’à un socialisme de la misère ; cependant, la baisse brutale de la productivité qui résulterait de la généralisation de ce système dans le monde entier apporterait la pénurie, mais aussi l’extermination par la famine.

L’expérience historique des fascismes, tout comme celle des entreprises de Henry Ford, montre que, pour ne pas avoir des résultats économiques négatifs, l’apologie de l’archaïsme rural soit est restée cantonnée au plan idéologique, soit a été compensée par des mesures opposées. En fin de compte, même lorsque le mythe de la paysannerie eut des effets institutionnels, ces institutions ne furent qu’une façade idéologique.

Après tout ce qu’a dit, écrit et fait Henry Ford en faveur de l’agriculture familiale, il est significatif que les petits établissements industriels qu’il installa dans des zones rurales furent si peu nombreux que leur main-d’œuvre ne dépassa pas 1000 familles, ce qui montre que ces idées eurent seulement une valeur d’exemple et n’entraînèrent pas de conséquences pratiques. Mais même en tant qu’exemples elles étaient condamnées à l’échec. Ford affirmait que la mécanisation des tâches agricoles, en augmentant les revenus des familles rurales et leur temps de loisirs, stimulerait l’achat de biens de consommation et, en outre, permettrait aux agriculteurs de trouver davantage de travail dans les petits établissements industriels voisins, ce qui améliorerait leur niveau de vie. Curieusement pour un industriel, il réfléchit à ces questions en s’intéressant au marché des consommateurs et en négligeant les mouvements de la main- d’œuvre. En réalité, la mécanisation croissante de l’agriculture réduisit le nombre de personnes nécessaires dans les campagnes ; elle provoqua donc une ruée vers les grandes villes et mit un terme à la société rurale que Henry Ford avait idéalisée.

L’effet pervers des utopies ruralisantes s’est vérifié dans tous les autres cas. Bien que le mouvement esthétique futuriste ait marqué le fascisme italien et exercé une influence unique sur l’industrie et l’urbanisme, Mussolini n’avait aucune illusion sur l’hostilité que lui vouait la classe ouvrière des villes.

«Il faut donner au fascisme un caractère essentiellement rural5», déclara-t-il devant le Conseil national de son parti en août 1924, lorsque les répercussions du meurtre du socialiste Matteotti mirent le régime en danger. Exaltant les prétendues vertus bucoliques, Mussolini prit une série de mesures visant à renforcer le poids du secteur rural dans l’économie et la société.

D’une part, la «Bataille du blé», proclamée à l’été 1925, chercha à augmenter la production agricole. Dans le même but, en octobre 1928, le régime introduisit un programme destiné à rendre cultivables de vastes terres incultes et, le cas échéant, à améliorer les cultures.

D’autre part, en 1928 et 1929, Mussolini annonça la «Bataille démographique», dans le double objectif de prévenir l’abandon des campagnes et d’entraver l’émigration vers les villes. Mais les promoteurs de ces mesures avouèrent eux-mêmes que leurs objectifs étaient plus sociaux qu’économiques et visaient à renforcer leur base politique conservatrice. Sur le plan économique, ces mesures échouèrent totalement à soutenir l’industrialisation et à favoriser la ruralisation. Elles furent aussi un échec sur le plan démographique, au point que, pour ne pas reconnaître publiquement la diminution réelle de la population rurale, le régime fasciste falsifia les résultats du recensement de 1936 : il classa comme «travailleuses agricoles» les femmes vivant à la campagne et qui, lors du recensement de 1931, avaient été étiquetées comme «femmes au foyer» ; et il augmenta indûment les effectifs de la population masculine engagée dans l’agriculture. En fin de compte, ce qui semblait être une politique économique et démographique se réduisit à une mise en scène servant la propagande officielle.

Faisant écho à la politique agricole mussolinienne, la «Campagne du blé» lancée en 1929 par le  régime fasciste portugais semble avoir évité la ruine totale de la plupart des petits producteurs de céréales. Malgré cela, le système des prix pratiqué, l’organisation du crédit et l’orientation des subventions bénéficièrent principalement aux gros agriculteurs et aux propriétaires fonciers. Quant aux opportunités de marché créées, elles favorisèrent encore plus les industries de la meunerie et des engrais et les fabricants de machines et d’outils agricoles.

Salazar essaya de conserver la petite propriété rurale. Mais, comme le régime ne leur donnait pas les moyens de prospérer, en fin de compte, les petits agriculteurs devinrent encore plus dépendants à l’égard des gros fermiers. Les paysans modestes, qui occupèrent toujours la place d’honneur dans les activités culturelles promues par le Secrétariat de la Propagande nationale et dont les mérites furent souvent loués en termes idylliques dans les discours du président du Conseil, n’avaient qu’une valeur idéologique. Une publication du Secrétariat national de l’information et de la culture populaire, qui prit la relève du Secrétariat de la Propagande nationale, proclama : «ce qui serait nécessaire et vraiment beau, ce serait  de transformer le Portugal rustique en une exposition vivante et permanente de l’art populaire6».

Les paysans étaient considérés comme des pièces de musée et devaient rester cantonnés dans cet état. Déjà, lors d’un discours prononcé en 1935, Salazar avait exhorté ses compatriotes à «respirer l’air pur et sain de la nature et des mentalités de nos campagnes, loin de ces tourbillons de vies, d’énergies et de santé que sont les villes7». Deux ans plus tard, à l’occasion de l’ouverture de la Dixième Conférence de l’Union internationale contre la tuberculose, il admit que «la civilisation matérialiste de notre époque» était responsable de la recrudescence de cette maladie et salua la «joie du travail», la «modestie des désirs et des ambitions», la «satisfaction obtenue grâce aux petites choses, simples et saines 8». Mais, en 1966, dans un Portugal entraîné par l’industrialisation des autres pays, le dictateur obsolète reconnut finalement : «pour moi, et si la concurrence doit jouer son rôle, je continuerais à préférer l’agriculture à l’industrie ; mais si vous désirez devenir riches vous n’y arriverez pas par l’agriculture […] Le travail agricole […] est, avant tout, la vocation de la pauvreté9

Cette «vocation de la pauvreté» conduisit le salazarisme à promouvoir la formation de jardins dans la périphérie de Lisbonne, à l’intérieur de Porto et d’autres grandes villes. Durant leur temps libre (qui cessa donc de l’être…) les ouvriers furent encouragés à cultiver des légumes et élever du petit bétail, à produire des aliments complémentaires qui compensent les bas salaires. Créant un cercle vicieux, ce travail gratuit exerçait une pression sur les rémunérations en les poussant vers le bas et instaurait une double forme de plus-value absolue.

Par ailleurs, les fascismes n’ont pas été les seuls à se servir de l’agriculture familiale. Tous les régimes capitalistes l’ont utilisée comme source de plus-value absolue, fondée sur le fait que le temps de travail n’est pas comptabilisé comme un coût dans l’économie familiale10.

Il est néanmoins intéressant de noter que ce type d’agriculture familiale prôné par le salazarisme est vanté aujourd’hui par la gauche écologiste comme l’ultime nouveauté, certains poussant le ridicule jusqu’à cultiver des jardins sur les trottoirs lorsqu’ils occupent symboliquement les places ici et là.

Autre exemple des contradictions implicites dans le thème du retour à la nature et l’apologie de l’agriculture familiale : le régime fasciste conservateur établi à Vichy, en France, sous l’égide des autorités militaires du Troisième Reich dont les troupes occupaient le pays. D’un côté, la propagande officielle et, surtout, les discours du vieux maréchal Pétain invoquaient la nécessité de régénérer la France en s’appuyant sur les vertus rustiques et exaltaient le modèle du petit paysan.

De l’autre, à peine plus de 1 500 familles demandèrent à recevoir les subventions prévues dans la nouvelle loi et retournèrent à une activité rurale. Pendant ce temps-là, au lieu d’obéir aux intérêts des petits agriculteurs, la réorganisation économique du secteur agricole fut confiée à des techniciens étroitement liés à la grande agriculture capitaliste, à savoir la Confédération générale des planteurs de betteraves et de l’Association des producteurs de blé, et l’État se démena davantage pour stimuler l’augmentation de la productivité que pour défendre les exploitations familiales.

Mais c’est le Troisième Reich qui permet le mieux d’analyser le mythe de la nature et la politique de promotion de l’agriculture familiale.

Notes

1 La première et la troisième citations de Henry Ford se trouvent dans Allan Nevins et Frank Ernest Hill, Ford. Expansion and Challenge, 1915-1933, Charles Scribner’s Sons, 1957, pp. 226 et 227. La deuxième citation est extraite de la version espagnole de son livre El Judío Internacional. Un Problema del Mundo, Hammer, 1932, p. 121.

2 Edition anglaise de Mein Kampf, Pimlico, 1995, p. 583.

3 Ford reçut en 1938 la Grand-Croix de l’ordre de l’Aigle allemand, soit la plus haute décoration nazie pour un étranger (NdT).

4 La première citation du discours de Salazar en mai 1953 se trouve dans l’article de Fernando Rosas, Fernando Martins, Luciano do Amaral et Maria Fernanda Rollo, «O Estado Novo (1926-1974)», publié dans José Mattoso (dir.) História de Portugal, volume VII, Estampa, p. 457. Les deux autres citations de Salazar sont extraites de l’article de Fernando Rosas, «O Salazarismo e o Homem Novo: Ensaio sobre o Estado Novo e a Questão do Totalitarismo», Análise Social, 2001, XXXV, nº 157, p.. 1035.

5 Cf. Adrian Lyttelton, La Conquista del Potere. Il Fascismo dal 1919 al 1929, Laterza, 1982, p. 406.

6 Cité dans Joaquim Pais de Brito, «O Estado Novo e a Aldeia mais Portuguesa de Portugal», O Fascismo em Portugal. Actas do Colóquio Realizado na Faculdade de Letras de Lisboa em Março de 1980, A Regra do Jogo, 1982, p. 530.

7 Cité dans José Machado Pais, Aida Maria Valadas de Lima, José Ferreira Baptista, Maria Fernanda Marques de Jesus et Maria Margarida Gameiro, «Elementos para a História do Fascismo nos Campos: A “Campanha do Trigo”, 1928-38», Análise Social, 1976-1978, XIV, nº 54, p. 354.

8 Cf. João Ameal (dir.) Anais da Revolução Nacional, [s. l.], Majesta, 1956, volume IV, p. 182.

9 Cité dans Fernando Rosas et al., op. cit., p. 417.

10 Cf. Economia dos Conflitos Sociais, Expressão Popular, 2009, pp. 144-150.

Traduit par Y. C.

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